Les années 70 à l'AMC : 1970 - 1979

Si les années 60 ont amené les musées à réfléchir à la profession muséale, les années 70 les ont amenés à consolider la profession. La Politique nationale des musées a été adoptée en 1972. Elle assurait au secteur muséal une aide financière gouvernementale plus stable. Les premières subventions se sont élevées à plus de 9,4 millions $ - ce qui équivaut à environ 45 millions $ en 2006, si l'on tient compte de l'inflation. Ces revenus ont permis à l'AMC d'encourager davantage la création de programmes de formation de base dans les provinces, d'élaborer un programme de prix, de nommer des fellows de l'AMC et de poursuivre un dialogue national plus général dans les deux langues officielles. Par contre, les nouveaux fonds ont aussi permis au gouvernement d'exercer un plus grand contrôle et une plus grande influence.

Toujours sous le thème de la consolidation de la profession, la publication mensuelle de l'AMC, la Gazette, a commencé à dresser le profil muséologique des provinces. Chaque numéro décrivait ce qui se passait dans une province donnée, ce qui permettait aux membres d'ailleurs au Canada de se renseigner sur les activités de leurs collègues. Ces portraits provinciaux ont couvert le pays, d'un océan à l'autre - une preuve indéniable d'une plus grande activité et de l'essor des associations muséales provinciales. L'Île-du-Prince-Édouard, par exemple, a fait l'objet d'un numéro en 1973, l'année du centenaire de son entrée dans la confédération.

Au printemps de 1975, la Gazette s'intéressait à l'autre extrémité du pays et décrivait la situation de la Colombie-Britannique. Martin Segger, un conseiller au musée provincial de la Colombie-Britannique, écrivait que le secteur muséal de la province connaissait une croissance phénoménale. Ce n'était là qu'un indice d'une tendance beaucoup plus importante qui prévalait dans tout le pays : une croissance rapide du nombre, de la taille et des budgets des organismes de conservation du patrimoine. « Cette croissance découle en bonne partie de l'essor du nationalisme canadien et d'une plus grande sensibilisation à la valeur éducative des musées. La British Columbia Museums Association compte aujourd'hui trois fois plus de membres qu'il y a huit ans », écrivait-il à l'époque.

Au début des années 70, la formation était le principal programme administré par l'AMC, mais déjà les premiers signes de décentralisation se manifestaient. Les cours de formation de base étaient confiés aux associations provinciales, chaque fois que c'était possible. Les membres croyaient qu'à long terme, l'AMC deviendrait un organisme de liaison et de consultation qui superviserait la formation et inciterait les universités et les collèges à élaborer des programmes conférant des grades. Bien sûr, c'est exactement ce qui s'est produit avec le temps.

Tout au long de cette décennie, la Gazette a continué de se pencher sur le volet éducatif des musées et sur les partenariats éventuels entre les universités et les musées. Ainsi, en 1977, Louise Stevenson, membre de l'AMC, écrivait ce qui suit : « La plupart des musées d'histoire naturelle se distinguent du fait qu'ils possèdent des spécimens de très grande taille : peu de départements d'universités ont l'espace suffisant pour exposer un gorille géant, un éléphant, le squelette d'un dinosaure, [ou] une grosse baleine… Ce que nous avons à offrir c'est le spécimen du musée : l'unique, l'irremplaçable, le vrai. »