Les années 80 à l'AMC : 1980 – 1989

Les années 60 et 70 ont été marquées principalement par la prospérité des musées du Canada, mais une nouvelle ère est apparue avec les années 80 - celle des mesures d'austérité gouvernementale. En 1982-1983, pour diverses raisons, plus de la moitié des directeurs des principaux musées du Canada ont quitté leur poste. Un certain optimisme se répandait néanmoins dans le secteur - on croyait que les nouvelles figures apporteraient de nouvelles idées et généreraient un changement favorable - mais l'AMC devait aussi être la voix de la continuité à une époque où tout changeait rapidement.

Le magazine Muse est apparu en 1983, remplaçant la Gazette. Cette nouvelle publication nationale de l'AMC avait comme principale priorité de traiter de questions de fond et d'établir un dialogue au sein de la communauté muséale. Le magazine a commencé à publier une chronique régulière intitulée Conversation. Un des entretiens mémorables est celui du personnel de l'AMC avec Gérard Pelletier où il est question des particularités de la Politique muséale nationale et où le ministre commente le rapport Applebaum-Hébert. Une autre Conversation importante porte sur un entretien avec Flora MacDonald, alors ministre de la Culture du Canada.

À peu près à la même époque, l'AMC a consacré une plus grande partie de ses activités à la promotion et à la défense des intérêts de ses membres et est devenue, plus que jamais, le porte-parole du secteur à l'échelle du pays, faisant la promotion des musées et des professionnels des musées. En 1983, John McAvity, directeur général de l'AMC écrivait : « L'ère de croissance et d'expansion des deux dernières décennies est clairement révolue et aujourd'hui, nous faisons face à de nouvelles réalités - la diminution des subventions et des dons, la hausse des déficits des musées, les réductions de programmes et l'abandon ou le report de projets fort méritoires. Il est ironique que tout se passe sans qu'il y ait de réduction apparente de la masse de fidèles qui appuient les musées. »

Toutes ces compressions budgétaires ont été à l'origine d'un nouveau débat sur le marketing des musées. Plusieurs voyaient en cet outil une façon de considérer les consommateurs comme une source de financement plus que nécessaire, alors que d'autres y voyaient une connotation négative - associée à la manipulation, à l'exploitation et au mercantilisme pur et simple. Des numéros complets de Muse ont été consacrés à la question de savoir s'il était possible de conjuguer musées et marketing et, le cas échéant, comment y parvenir.

M. McAvity a également accordé une importance primordiale au rôle des communications à l'AMC. « Dans un pays aussi grand que le Canada et dans le contexte d'une profession aussi petite que la nôtre, il est essentiel de se doter d'un système de communications efficace qui raffermit les liens et nous permet d'échanger entre nous, dans le meilleur intérêt de notre communauté. »

Les numéros thématiques sont apparus au milieu des années 1980 et sont éventuellement devenus la norme. Ainsi, le numéro de Muse de l'été 1988 porte principalement sur le projet de loi C-54 : érotisme par opposition à pornographie. Plusieurs articles étudiaient cette question délicate et l'influence potentielle qu'elle pourrait avoir sur les musées et les galeries d'art du Canada. « Les débats suscités par le projet de loi C-54 ont eu tendance à diviser les gens en deux camps bien distincts, ceux qui appuyaient la censure et ceux qui s'y opposaient », écrivait Miriam Clavir, une conservatrice au UBC Museum of Anthropology. « Si le projet de loi avait été adopté, les musées et les galeries auraient dû afficher des mises en garde devant certaines œuvres d'art ou y ajouter des revêtements opaques et les artistes auraient dû observer des directives sur ce qu'il convient ou ne convient pas de créer. »