Les débuts de l'AMC : 1948 – 1959

L'idée de créer une Association des musées canadiens (AMC) a pris naissance peu avant l'entrée du Canada dans la Seconde Guerre mondiale. La conjoncture n'était toutefois pas très propice à la création officielle d'une association : le financement était rare, la guerre faisait rage et les musées du Canada déployaient toutes leurs énergies pour assurer leur existence quotidienne. En 1947, le contexte avait changé et un petit groupe de professionnels visionnaires du secteur muséal, réunis au Musée de la province de Québec, était prêt à faire toutes les démarches nécessaires pour regrouper les musées du Canada et mettre sur pied un réseau national qui les représente.

"Il n'y avait rien d'énervant", se souvient Donald Crowdis, un des fondateurs de l'AMC. "Je suppose que nous étions simplement enthousiastes. C'était nouveau … nous nous disions que le gouvernement était sûrement d'accord avec une telle association."

Au cours d'une réunion qui a duré deux heures, les représentants de treize musées ont décidé que le temps était venu de former l'AMC. Ils savaient qu'il y avait un désir d'aller de l'avant, car les résultats d'un sondage réalisé dans les années 1930 par le président de la British Museums Association, Sir Henry Miers, auprès d'environ 70 des 100 musées canadiens, l'avaient démontré. Les premiers membres de l'AMC ont voulu combler une lacune et défendre les intérêts des musées, galeries d'art et sites historiques du Canada. Il est intéressant de souligner que toutes les questions qui seront approfondies au cours des décennies suivantes ont été soulevées lors de cette première rencontre : formation, exigences de l'adhésion, professionnalisme et promotion et défense des intérêts. Pendant les soixante années qui suivront, ces questions occuperont une place plus ou moins importante, selon les époques, mais il sera toujours fascinant de suivre les débats qu'elles susciteront.

Dans les années 1950, on a mis davantage l'accent sur la nécessité de présenter habilement les artéfacts, à une époque où l'industrie des relations publiques était en plein essor. L'influence de la publicité commerciale se faisait vivement sentir dans le milieu muséal, et on a vu apparaître un plus grand souci de la présentation des artéfacts, souci qui prévaut d'ailleurs encore aujourd'hui. Devant une telle concurrence entre les spécialistes, a-t-on fait valoir, les concepteurs de musées devaient acquérir de nouvelles compétences et les expositions devaient se distinguer les unes des autres. La nouvelle association nationale a accordé une importance de plus en plus grande à l'art de l'exposition.

Par ailleurs, au cours de cette décennie, les travailleurs des musées se sont également vivement intéressés au dernier-né de la technologie : la télévision. Au début de l'automne de 1954, le personnel du Manitoba Museum a produit 18 émissions de télévision pour enfants en direct de ses salles d'exposition.

Comme l'a écrit le conservateur de l'institution, R.W. Sutton, « la CBOT n'avait pas de studio à cette époque et la production devait se faire entièrement dans les locaux du musée. Heureusement, le bâtiment était suffisamment haut et offrait un champ libre au faisceau hyperfréquence entre le musée et l'édifice de Bell Telephone, d'où un second lien acheminait l'image à la station. Le gros camion de l'unité mobile de la CBC devait même être garé à l'arrière du musée ».

Malgré tous les efforts déployés, l'émission n'a pas attiré beaucoup de spectateurs et l'expérience des tournages en direct en provenance du musée a rapidement pris fin.